Si tu ne veux rien faire, deviens révolutionnaire

L’état de rébellion est indispensable mais ne sera jamais que l’étape initiale d’une prise de conscience.

Le travail racial-progressiste doit pouvoir se faire sans l’agitation adolescente. L’esprit révolutionnaire est une poursuite puérile de cet état de rébellion, un obstacle au pragmatisme militant, une soupape et un alibi pour les fainéants et les lâches. C’est un état d’éternelle rébellion qui ne trouve satisfaction que dans la réaction, l’indignation et les menaces creuses.

L’esprit révolutionnaire, dans une démocratie, c’est l’acceptation de son impuissance tout en se consolant avec des paroles qui n’auront jamais à être tenues, des promesses que personne n’attend, des serments flous et sans échéance. L’esprit révolutionnaire, c’est l’honneur du lâche et du paresseux.

Des excuses, tout le monde en a, mais le révolutionnaire a l’excuse ultime : l’attente éternelle du grand jour qui n’arrivera jamais, où les conditions seront réunies.

Le destin a toujours appartenu à ceux qui savaient trancher par leur travail et leurs actions, qu’elles soient spectaculaires ou invisibles. Le révolutionnaire contemporain est celui qui vise haut pour ne jamais avoir à se lancer.

En vérité, moins le Français est radical et motivé, plus il est révolutionnaire. Vous ne ferez jamais rien en vous entourant de révolutionnaires. Ils sont comme de fragiles princesses qui rechignent à faire le petit travail quotidien à leur niveau. Ils croient qu’ils ont un rôle important à jouer, un jour, un jour lointain, ou sans doute dans une autre vie. Rien n’est trop grand pour leurs prétentions, mais tout est toujours trop petit pour qu’ils se mettent dessus.

Mieux vaut apprendre à œuvrer sans cœur qu’avoir un cœur révolutionnaire, donc un cœur à ne rien faire.