Pourquoi les influenceurs de droite ne vous représentent pas : le mécanisme du levier d’opinion

Toutes les personnes récupérables dans ce pays l’ont compris avec l’épisode de la Jeanne d’Awc du Bénin : les influenceurs réactionnaires se foutent bien de la gueule de ceux dont ils prennent l’argent, les clics et les votes. Au lieu de juste ignorer la polémique, tous les mesquins de “droite” ont pu faire briller avec zèle leur formidable antiracisme de gauche et leur universalisme chrétien en contribuant aux fakes news des “nombreuses insultes racistes” que la pauvre métisse recevrait des méchants nazis de France, et qui sont plus importantes que les menaces de mort que je reçois ou les menaces de viol que toutes les blanches occidentalistes que je connais reçoivent pour notre simple existence sur Terre.

Tous ont pu contribuer à cette mascarade où on est censé davantage plaindre nos remplaçants quand ils reçoivent des mots pas gentils, que plaindre le blanc remplacé et déclassé socialement qui voit l’avenir de ses enfants s’obscurcir chaque jour quand il ne se balance pas déjà au bout d’une corde. Il est donc temps de comprendre une bonne fois pour toutes le phénomène du levier d’opinion, et comment les réactionnaires s’en servent pour accomplir un agenda privé tout en plombant la droite du peuple et en enfonçant le blanc dans la vase multiculturelle.

Qu’est-ce qu’un influenceur ?

Les bons enfoirés commerciaux vous vendent des produits dont vous n’avez pas besoin. Les bons enfoirés idéologues vous vendent des idéologies qui ne répondent pas à vos préoccupations.

Un influenceur est un directeur d’opinion : suivi par un certain nombre de personnes, il permet d’alerter l’opinion des personnes qui le suivent sur des problèmes particuliers ou définir et diriger les combats. C’est par les influenceurs que les scandales se créent. Les gros influenceurs influencent les plus petits influenceurs qui répercutent et amplifient les messages qu’ils jugent intéressants.

Pourquoi le système moralement d’extrême gauche invite-t-il des gens qui se disent de droite ?

Un petit influenceur va subir l’influence partagée de plusieurs gros influenceurs qu’il suit avec intérêt. Les plus gros influenceurs sont adoubés par le système, qui choisit qui va avoir le droit de se prononcer dans les médias, qui va faire face à qui et dans quelle émission. C’est ainsi que les médias participent à la formation d’un paradigme politique dans l’esprit des gens, c’est-à-dire une représentation de ce qu’est le débat politique. Si on veut faire croire qu’il n’est permis de ne penser que d’une façon strictement gauchiste, alors on choisira un débat entre un communiste, un anarchiste gauchiste et une élue socialiste.

Mais les gens sentent de plus en plus l’arnaque, et c’est pour ça qu’il faut aussi sélectionner des intervenants de droite pour faire de l’audience et pour mieux diriger le paradigme en le singeant. On va par exemple représenter la fachosphère nationaliste par une catholique tradi, même si ça ne représente qu’un millième de l’électorat du Front National. On peut la présenter parce que son pack politique est plus facile à faire refuser que si on montrait un identitaire dont le seul combat va être celui de la lutte anti-immigration, sans récupération religieuse. On va représenter le prolétariat français par une fille de prof “engagée dans l’associatif” même si elle ne représente qu’un millième du prolétariat de France. On peut la présenter parce que son pack politique fait la promotion de la théorie du genre en utilisant le levier d’opinion de la cause des pauvres.

Le levier d’opinion, ou comment utiliser le discours des autres pour voler leur public naïf et l’attirer sur d’autres sujets

En marketing idéologique, tout influenceur a une cause prioritaire et des leviers d’opinion. Les spectateurs ne savent pas forcément quelle est la cause prioritaire et les leviers d’opinion de l’influenceur qu’ils écoutent. Pour se rapprocher de leur but ou pour utiliser des leviers d’opinion, l’influenceur va utiliser des mots-clés pour que les gens se repèrent et se retrouvent dans son discours, l’identifient comme un allié idéologique. Il va également utiliser des arguments, idéalement sous forme de phrases choc (punchlines), que la presse et les suiveurs vont s’empresser de citer. La presse parce que ça lui permet de faire de l’audience, et les suiveurs parce que ça les choque ou bien ça représente ce qu’ils pensent.

Le clampin de base est convaincu que plusieurs influenceurs font partie du même camp à partir du moment où ils prononcent un certain nombre de phrases chocs communes ou voisines. C’est là où commence toute l’entourloupe dans laquelle il est le dindon de la farce, lui et les influenceurs naïfs.

L’influenceur mesquin, mode d’emploi

Dans un débat politique, l’influenceur mesquin passe par 3 étapes :

Première étape : l’influenceur se sert de phrases choc que le peuple frustré meurt d’envie d’entendre, pour augmenter sa crédibilité, sa légitimité et son capital sympathie. Ce sont des appeaux rhétoriques qui ne servent que de leviers d’opinion. Il ne faut pas faire l’erreur de les confondre avec la cause prioritaire de l’influenceur qui prononce ces phrases.

Deuxième étape : l’influenceur écrase certains éléments politiquement incorrects pour échapper à la censure et ne pas être vu comme trop fou : par exemple, une Eugénie Bastié se moquera du port d’arme ou du racialisme, pour lâcher des gages au système. Ce sont des éléments dont elle va se servir comme d’un lest, pour se faire pardonner ses excès de politiquement incorrect dans d’autres domaines. Le système propose un marché tacite à tout influenceur de droite : “sacrifie ton propre camp, ridiculise-le pour avoir le droit de t’exprimer chez nous et de glisser des arguments qui servent ta cause prioritaire.”. Attention, un gage n’est pas forcément un gage au système. Il peut aussi être un gage à ce que l’influenceur croit être l’opinion publique. Un influenceur ne recherchant que le consensuel pour récolter des likes va ainsi faire exprès de pondre des messages pro-migrants s’il croit que la pensée dominante est pro-migrants. Le génie des réseaux sociaux sera de mettre ce genre de posts en avant pour justement que tout le monde croit que c’est une pensée consensuelle, en pratiquant le shadowban et son contraire.

Troisième étape : l’influenceur aide sa cause prioritaire, qui est souvent une propagande à perte, comme la lutte contre l’avortement ou la lutte contre le progrès technique. Une propagande à perte sert une cause perdue, une propagande qui n’est pas un levier d’opinion car trop peu de gens adhèrent à ces avis. Chez les gauchistes, la propagande pro-migrant ou la théorie du genre est une propagande à perte, et chez les droitards, c’est la propagande anti-avortement ou la promotion de l’austérité financière. Jamais ces causes ne seront majoritairement soutenues par l’opinion publique : il faut un activisme intensif pour faire vivre ces causes dans l’espace médiatique, y compris sous la forme du bad buzz.

Une opposition contrôlée par des combats de nains choisis avec soin

Voilà pourquoi les débats sont ce que j’appelle des “combats de nains” où chaque camp se tend des perches monumentales et se clashe avec une facilité déconcertante. Il s’agit ni plus ni moins que d’un spectacle où aucune pensée réellement subversive ne sera échangée. Les influenceurs ne représentent en rien le peuple, qui du coup se désintéresse de la politique et devient abstentionniste, parce qu’il ne voit aucun camp qui le représente parmi les camps qui s’affrontent. Le reste du peuple continue naïvement à croire qu’il est représenté.

Certains attribuent à Lénine cette citation : “Le meilleur moyen de contrôler l’opposition est de la diriger nous-même

En vérité ce n’est pas l’opposition mais tout le paradigme politique qui est redéfini, en sélectionnant les influenceurs pour avoir le débat le plus au ras des pâquerettes possible, des véritables combats de nains pour divertir ou dégoûter le peuple.

Un très bel exemple de levier d’opinion, c’est l’appeau rhétorique suivant : ‘L’immigration, c’est pas Erasmus’  Eugénie Bastié face à Jacques Attali. Plus de 100 000 vues pour cette vidéo. Les gens oublient que les phrases sont des phrases, et que les mots ne sont pas des actes en soi. Il est utile de faire réfléchir en prononçant des mots, mais ces mots qui évoquent une cause peuvent plomber cette cause s’ils ne sont utilisés que pour promouvoir un kit complet politique avec une propagande à perte à la clé, dans la seule opposition au système présentée par le système lui-même. Rien de personnel ici contre Eugénie Bastié : c’est le deal. Soit elle l’accepte, soit elle n’a pas droit de cité et on met quelqu’un d’autre à sa place. A gauche, des sympathisants des Indigènes de la République et des Frères Musulmans se font régulièrement éjecter parce qu’ils énoncent trop clairement le idées de leur électorat.

Plusieurs leviers d’opinion pour rameuter les naïfs, mais une seule cause prioritaire par idéologie

Pour un sujet aussi grave que l’immigration, seul un nationaliste blanc est légitime à prononcer des phrases anti-immigration, puisque c’est l’essence même de son combat, sa cause prioritaire. Mais certains influenceurs de droite récupèrent cette cause le temps d’une phrase choc pour aller dans le sens des gens. Ils se servent de ce levier d’opinion pour que les gens se disent “Ah on dit enfin ce que je pensais depuis longtemps, enfin quelqu’un qui le dit !”, puis partent du principe que la personne qu’ils aiment bien pour cette seule raison, est une personne qui dit des choses bien. Les sympathisants et les petits influenceurs qui écoutent les tirades anti-progrès et les saillies anti-avortement d’Eugénie Bastié vont plus facilement y être réceptifs, voire croire qu’il s’agit d’un camp présent dans le peuple. Ils seront assez naïfs pour croire que les millions de catholiques qui ont défilé pour La Manif Pour Tous en ont quelque-chose à foutre qu’un blanc pauvre se fasse pourrir la vie par l’immigration invitée par l’Eglise. Et comme les influenceurs sont trop lâches pour se mettre à dos ce qu’ils croient être leur public, personne ne va dénoncer ce genre de trahison, et beaucoup continuent à croire naïvement en des camps monolithiques “gauche droite”. Paradigme auquel la droite molle gesticulante tient énormément, et s’affole à chaque fois qu’ils croisent un beauf qui ne croit plus en la gauche ni en la droite, la gauche ne défendant plus les prolétaires et la droite ne défendant plus l’identité et la propriété privée des gens de peu de fortune.

Les sympathisants et les petits influenceurs naïfs perdront de l’énergie et de la crédibilité à défendre les positions anti-avortement d’un influenceur mesquin alors que leur combat de base est l’immigration. Il en sera de même pour les féministes naïves qui se battront pour les droits des homosexuels, des transsexuels, des migrants, des thons unijambistes et des femmes à barbe alors que leur seule cause de base était l’égalité homme-femme, qui n’est au final plus qu’un levier d’opinion pour attirer des naïfs vers la théorie du genre ou parfois même l’islamisme, au nom du droit très “féministe” à porter un voile.

Les “packages tout-en-un” : recruter pour sa paroisse tout en repoussant les autres vers l’idéologie opposée ou l’apolitisme bovin

Bien sûr, une ligne politique cohérente touche plusieurs domaines, et tout le monde ne va pas être attiré par l’idée de devoir se forger avec éclectisme une opinion sur tout. C’est aux mouvements politiques de dégrossir et de donner de bonnes phrases, des éléments de compréhension. Néanmoins, le plus souvent, les “packages tout-en-un” servent à attirer des pigeons pour leur servir de la propagande à perte et des sujets stériles pour lesquels ils n’étaient pas venus à la base.

La plupart des gens sains vont décrocher de ce qui les aurait intéressés, comme la lutte contre l’immigration ou bien l’égalité homme-femme, simplement parce qu’on leur fait croire qu’il s’agit d’un pack complet : “tu ne peux pas être contre l’immigration si tu n’es pas contre l’avortement”, “lutter contre le grand remplacement est absurde si tu ne luttes pas contre le grand remplacement robotique” ou “tu ne peux pas être féministe si tu ne défends pas les droits des migrants violeurs, des blédards harceleurs et des musulmanes radicales” sont des exemples des innombrables chantages que font les influenceurs lobbyistes et leurs hordes de zombies naïfs ou dégénérés.

Les Eugénie Bastié sont des armes pro-immigration, de la même manière que les Clémentine Autain sont des armes anti-féminisme, tout simplement parce que ce n’est pas leur vrai combat et qu’ils ne s’en servent que de levier d’opinion pour promouvoir des causes perdues. Qu’elles en soient conscientes ou non, qu’elles en aient quelque-chose à foutre ou non importe peu. La seule chose qui importe, c’est le résultat.

Faut-il être complètement perdu pour ne pas avoir remarqué que Clémentine Autain plombait tout le combat féministe en prétendant qu’il n’y a pas plus de harcèlement dans les banlieues qu’en plein quartier blanc ?

Ou pour croire naïvement que c’est une Eugénie Bastié qui va sauver le nationalisme blanc en donnant une réplique d’une facilité déconcertante à un Attali qui lui tend 5000 perches ? Combat de nains.

Et le plus moche dans tout ça ?

Le plus ignoble de tout, c’est que les influenceurs mesquins qui récupèrent les influenceurs naïfs détestent ces derniers qu’ils perçoivent plus ou moins consciemment comme un danger et dont l’existence leur rappelle leur vol et leur petitesse. Ils savent peut-être tout au fond d’eux qu’un jour où l’autre on pourrait se rendre compte de leur jeu minable. Ils se contenteront d’ignorer en priant pour que les influenceurs désillusionnés ne dénoncent l’arnaque qu’ils sont, les causes dont ils ne se servent que de leviers d’opinion, et donc les gens dont ils se servent d’idiots utiles, par la même occasion. Evidemment, ils ont une sainte haine des influenceurs sincères comme Daniel Conversano et moi-même, puisque nous sommes les seuls à dénoncer leur business idéologique sans même avoir à les citer. Souvent en étant juste honnêtes dans notre militantisme. Certains vont même jusqu’à nous talonner pour cacher un peu plus longtemps leur hypocrisie. Ils tentent de reprendre nos paroles pour mieux camoufler leur traîtrise et en espérant que ça noie notre notoriété en floutant nos spécificités rhétoriques.

Ne vous laissez plus duper par ces influenceurs hypocrites et malveillants : demandez-vous sincèrement quelle est la priorité de chacun. Un influenceur sincère doit avoir une ligne claire, assumée, ne pas recruter pour une secte ou une autre idéologie que celle qu’il prétend diffuser. Ne pas chercher à nous expliquer qu’il faut lui couper du bois pour faire pousser l’orge plus vite, ni qu’il faut apporter du poisson frais à sa sœur pour que le beau temps revienne.

Si l’unique priorité d’un influenceur politique, ce n’est pas que les blancs vivent en paix dans les pays qu’ils ont construit, alors c’est de la merde. Tirons la chasse sur cette mesquinerie réactionnaire : la seule ligne de démarcation entre le gauchisme et nous, elle est là et nulle part ailleurs.

Longue vie à l’Occident et bénis soient les lecteurs lucides qui comprendront ce message.

Yann Merkado