Pourquoi les influenceurs de droite devraient arrêter d’être des chochottes antiracistes

Un article pour expliquer pourquoi la droite antifa antiraciste devrait ralentir ou bientôt on ne saura plus la distinguer de Manuel Valls et Charlie Hebdo.

La droite française métapolitique est obnubilée par l’objectif d’une douce prise de conscience par étape alors que la majorité des gens sont convaincus par l’incarnation physique d’une opinion et l’identification à une personnalité bien plus que par les arguments et gesticulations argumentatives.

Bien sûr, je suis conscient qu’il faut des gens qui accompagnent l’opinion publique, qui la précèdent, qui décalent patiemment la fenêtre d’Overton depuis son centre en prouvant qu’on peut radicaliser son opinion vers une pensée identitaire sans être trop radical. Mais le problème en France, c’est que la droite identitaire radicale est un organe atrophié. Du coup, il y a de plus en plus de monde au centre à pousser dans le même sens, mais ils sont bloqués parce que personne ne tient le volet tout à droite.

En gros, on a 70% des influenceurs métapolitiques créateurs de contenu qui veulent se battre avec SOS Racisme et Raptor Dissident contre Médiapart, 20% de gens qui vivent sur une autre planète, croient en la Providence et demandent le retour du Roy et de l’Eglise au centre de l’Etat, et 9% qui trollent avec Henry de Lesquen entre “arabes blancs” et mélenchonistes-lol de JVC qui sont persuadés que la remigration est un canular pour les faire rire.

Le 1% restant c’est nous, les nationalistes blancs occidentalistes.

Ma théorie c’est qu’on ne convainc personne avant de l’avoir inspiré. Que l’inspiration succède à la séduction qui nécessite elle-même au préalable l’incarnation de l’idéal métapolitique.

C’est-à-dire, tout simplement : il faut d’abord incarner l’opinion où l’on souhaite pousser le peuple, puis le séduire, ce qui l’inspire et le rend disposé à être convaincu. Autrement, il n’entend pas les arguments. C’est comme lui dire de larguer les amarres sans lui indiquer le port à atteindre. Vouloir influencer des gens en martelant uniquement de timides arguments intermédiaires sans incarner, séduire et inspirer au préalable, c’est comme marteler timidement du métal sans l’avoir chauffé à rouge. Ça fait du bruit mais ça ne transforme pas grand monde.

Plutôt que concevoir le travail d’influenceur identitaire comme un escalier en 2 dimensions amenant petit à petit l’opinion publique vers des pensées qu’elle n’aurait jamais cru avoir, il faut au contraire le voir comme des astres qui s’attireraient ou se repousseraient dans un espace en 3 dimensions. La gauche déçoit massivement parce que les “justiciers sociaux” sont vraiment trop pénibles ? Les gens sont comme de petits cailloux projetés par la planète “Justice Sociale”, d’autant plus fort qu’elle a gagné en importance, donc en pouvoir d’attraction et de répulsion. Les plus fragiles continuent à être attirés par cette planète pendant que de plus en plus de gauchistes se détachent de leur orbite autour pour finalement être expulsés dans le vide.

Offrez à ces cailloux des zones de confort intermédiaires en essayant de prouver que vous n’êtes pas un méchant blanc raciste qui mange des bébés noirs au petit déjeuner, et vous ne ferez que recréer une seconde planète “Justice sociale II” juste à côté. Vos lobbies de lâches ne sont que des zones de confort intermédiaires. Un petit peu, c’est bien, afin de ne pas perdre nos cailloux dans le vide apolitique de l’espace autour. Mais des zones de confort trop nombreuses et trop proches, donnent juste des excuses aux lâches pour ne pas naviguer plus loin. “Moi je ne suis pas un gauchiste, mais Mélenchon a raison”. “Moi je trouve que les SJW exagèrent, mais je suis pas un sale suprémaciste blanc ça va pas la tête” sont autant de preuves que les cailloux ont trouvé une autre zone de confort pour continuer à faire le sport national français : tortiller du cul, gesticuler argumentativement, pinailler et jouer les équilibristes des fesses entre 2 chaises pour justifier sa lâcheté pendant que l’invasion et le remplacement des blancs continuent de plus belle.

La droite molle excelle dans l’art de jouer les durs, faisant perdre aux gens leur temps et leur énergie dans des positions esthétiques de dissidence qui les satisfont alors que le plus gros des éveillés devraient se retrouver directement propulsé sans intermédiaire chez nous.

Le Français n’est pas gauchiste. Le Français est gauchiste par défaut. S’il est gauchiste par défaut, c’est parce qu’il fait la moyenne entre l’extrême gauche et l’extrême droite. La droite blanche étant atrophiée et parasitée par la droite molle, le centre mou se retrouve profondément à gauche. Faites un tour dans le reste du monde pour vous en apercevoir. Vous verrez que le communiste colombien est parfois ce que vous appelez en France “un nazi suprémaciste blanc”, que le démocrate américain texan fan de Bernie Sanders est “un beauf pro arme”, que le hippie islandais gay-friendly est un identitaire païen fan d’arts martiaux historiques européens. Vous n’avez pas fini d’être surpris si vous pensez que l’éveil identitaire est juste un escalier dessiné sur un bout de papier en 2 dimensions.

Yann Merkado

 

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