Les gilets jaunes : l’éternelle quête française de l’approbation horizontale

Je respecte la colère des blancs, je soutiens par solidarité blanche cette manifestation du peuple français, je souhaite qu’elle ait une utilité plus globale que ses revendications, et qu’on comprenne que les blancs travaillent pour les “jeunes de banlieues”.

J’ai bien peur que le mouvement gilet jaune ne soit qu’une façon de rythmer sa vie de salarié, de mettre du piment dans son année d’unité de production qui paie gentiment ses impôts.
La vraie révolution serait que les blancs s’arrêtent tout simplement de bosser et se mettent tous au RSA, montant un circuit parallèle avec des projets communautaires. Mais il est plus dur de renoncer à ses crédits de conso pour changer 3 fois sa cuisine et calmer les envies de divorce de sa femme, plutôt qu’aller dans la rue sympathiser avec des gens comme soi, dans un mouvement absolument consensuel et impossible à critiquer. Surtout par des influenceurs qui ne cherchent qu’à surfer sur l’événement, quitte à caresser le fautif dans le sens du poil pourvu qu’il ait sa dose d’approbation sous forme de pouces.

Le Français est un homme qui a besoin de l’unanimité horizontale pour s’engouffrer dans un mouvement. Déplaire aux élus est un plaisir quand on est enfin uni horizontalement. La colère est compréhensible, mais uniquement en tant que goutte d’eau qui fait déborder le vase. Il est assez évident que le carburant augmente de prix parce que tout a été accepté jusque là. Parce qu’en vérité, quand il s’agit de payer davantage pour les étrangers, personne n’ose rien dire. Silence radio. Les gilets jaunes, c’est ceux qui vont protester dans la rue pour 6 centimes de plus à la pompe, mais qui m’insultent quand je dis que les noirs et les arabes ne sont pas chez eux en France.

Le gilet jaune c’est cet antiraciste qui se fait à présent traiter de raciste. C’est cet électeur FN qui n’hésite pas à bloquer une route et risquer la prison, mais qui n’avouera jamais à ses collègues et sa famille qu’il vote FN. C’est cet électeur de Macron ou cet abstentionniste repoussé par le racisme, qui en 2017 a préféré voter la sécurité pour son porte-feuille plutôt que l’avenir ethnique de ses enfants, et qui en 2018 se plaint de n’avoir ni l’un, ni l’autre.

Je respecte la colère des blancs, je soutiens par solidarité blanche cette manifestation du peuple français, je souhaite qu’elle ait une utilité plus globale que ses revendications, et qu’on comprenne que les blancs travaillent pour les “jeunes de banlieues”. Mais je ne suis pas ému, je ne suis pas touché, et je ne me scandaliserai pas. Heri mihi, hodie tibi.