Les extrême-droitards ont le devoir moral d’apprendre à communiquer

**Ne pas ressembler à gollum qui veut partager avec enthousiasme son poisson cru qui pue**

Il y a une énorme méprise dans les milieux de l’extrême droite clandestine.
C’est la communication avec le grand public. Les extrême droitards croient qu’ils sont les seuls à être capables d’approuver des discours radicaux, parce qu’à chaque fois qu’ils ont tenté de communiquer avec des apolitisés du monde réel, ils se sont heurtés à un rejet qu’ils ont pris pour de l’antiracisme au stade terminal et qui les a confortés dans leur idée qu’il n’y a que 5 000 personnes dans toute la France à ne pas vouloir offrir tout sourire sa fille à un migrant malien.

Ne s’apercevant pas qu’ils ont malgré eux présenté une montagne d’idées totalitaires empilées et sédimentées, de projections réactionnaires rébarbatives et d’images mentales dépressives, ils pensent que c’est leur opposition au mélangisme interracial qui fait fuir les gens normaux à qui ils ont pourtant osé parler parce qu’ils pensaient qu’ils avaient une chance de les convertir.

En conséquence, les extrême droitards pensent que le grand public a besoin d’une communication tiède et molle, censée les amener doucement à une prise de conscience d’ici un siècle. Sauf que leurs influenceurs leur répètent tous les 10 ans que c’est trop tard dans 10 ans, parce que ce sera la guerre civile, l’effondrement économique, les pluies de sauterelles et l’apocalypse zombie. Résultat, un tiers des racistes français pense que c’est trop tard pour convaincre et s’enfoncent dans la folie, un autre tiers perd son temps à “débattre” avec des arabes sous pseudo sur internet, et le dernier tiers pense qu’une communication destinée au grand public se doit d’être tiède et molle comme le RN.

Il y a une redoutable méprise. Le grand public n’est pas effrayé par les idées radicales. Il est repoussé par les communications tortueuses, cryptiques et rébarbatives.
Le grand public a besoin d’une communication simple et caricaturale, peu importe son niveau de radicalité.

Les termes et images rébarbatives doivent être limités au strict minimum. Trop parler de “civilisation” attire les tradingues, ces obsédés de la “tradition” perdue, n’ayant pour repère qu’un christianisme orientalisant, et le marbre froid des frontons de temples païens dépaganisés, figés, vidés de leur substance et de leur festivité pour ne pas offenser les adorateurs du grand Crucifié.

Parler d’effondrement attire les dépressifs en sweat noir qui ne se lavent pas.

Si parler de civilisation attire les tradingues et que parler d’effondrement attire les malpropres alcooliques qui dorment dans leur duvet KontreKulture en attente de la fin du monde programmée par la “finance judéo-maçonnique”, alors “Effondrement civilisationnel” attire du coup les chrétiens qui ne se lavent pas et comptent sur le retour de l’Eglise au centre de l’Etat pour leur donner envie de reprendre une douche.

Qui pourrait penser, sans une certaine expérience de l’extension des discours pompeux dans le champ de la réalité, que de simples expressions en apparence anodines attireraient de tels cas sociaux ? Il est normal de ne pas y avoir pensé sans l’avoir expérimenté et réuni une pile de retours d’expérience allant dans ce sens.

Puisque l’intelligence émotionnelle et sociale est une denrée rare dans notre pays à cette époque, je vais bien expliquer où je veux en venir : attirer des cas sociaux repousse les femmes et les hommes équilibrés. Et quand je dis “cas sociaux”, je ne vise aucune classe sociale en particulier, mais bien les éléments les plus tarés de chaque classe sociale, les bourgeois tradi déclassés étant les champions invaincus dans ce domaine. Pour chaque alcoolique piégé par les discours d’intellectuels bourgeois et les lectures douteuses, il y a 10 hommes normaux et 5 femmes qui tournent les talons. Les gens d’extrême droite sont plombés par leur charité chrétienne et leur syndrome du sauveur, prenant pour des princesses en détresse tous les rebuts de la société qui ont besoin qu’on leur explique qu’il faut ranger leur chambre et sortir un peu. Jouer les SOS amitié peut être un but une fois qu’on est suffisamment développés, mais ne doit pas se faire au détriment de la vitrine de notre bord politique.

En résumé, fuyons les concepts rébarbatifs et autres marottes réactionnaires comme l’expression “effondrement civilisationnel”, parlons simplement, usons d’un discours schématique qui ne s’encombre pas de nuances inutiles, n’ayons aucune peur de dire ce que nous voulons dire et cessons de penser que les gens normaux ont peur de la radicalité. Ils ont peur des bizarreries réactionnaires qu’on accole toujours par habitude à la radicalité de droite pour expliquer très sérieusement depuis 50 ans, que si on en a marre des arabes, alors il faut d’abord aller à la messe tous les dimanche. Sortons du modèle d’une milice religieuse où les hommes doivent faire des sports de combat et prier le rabbin galiléen crucifié par les italiens, et cessons de repousser les gens équilibrés.

Les pires dégâts qui ont été infligés à l’extrême droite l’ont été par l’extrême droite elle-même, ou plutôt par les spiritualistes orientalistes qui la squattent, et par l’acceptation que nos sphères soient le dépotoire du système, l’asile de fou à ciel ouvert, acceptant tous les déchets anti-blancs ou communistes (Dieudonné, Soral et j’en passe) dont la gauche ne veut plus, et paralysant ceux qui veulent faire le ménage dans toute cette merde en brandissant une prétendue “union des droites”, trève unilatérale (permanente) permettant aux squatteurs intégristes chrétiens de tirer sur tout ce qui vit à l’extrême droite sans qu’on n’ait jamais le droit de riposter.

Même ceux qui sentent le malaise ne se rendent plus compte de folie de la situation, où des militants pro-charia (les fameux “je préfère la burqa au string“), des adorateurs de l’iran islamiste et des nostalgiques de l’Inquisition fous à lier sont accueillis à bras ouverts dans l’extrême droite clandestine tandis que le progressisme le plus banal et l’attachement au statut d’êtres humains des femmes sont perçus comme une dégénérescence ou une infiltration juive et rejetés par l’ensemble de l’asile. Faire l’apologie permanente de l’Iran et de la Syrie et imaginer des ponts raciaux et culturels entre eux et nous ne suscite aucune méfiance, mais vouloir remigrer les 3/4 des arabes par la simple application d’une réelle égalité entre les hommes et les femmes déclenche tout de suite une levée de bouclier, des récriminations suspicieuses et du harcèlement complètement taré, accepté par tout le monde sous prétexte que changer quelques habitudes tordues serait une provocation appelant punition.

Ainsi, Robert Ménard fustige constamment les féministes mais n’hésite pas à faire des célébrations avec des imams et des rabbins sans que ça n’entâche en rien son aura dissidente.

Le ménage doit continuer, d’innombrables zombies idéologiques doivent être purgés de nos sphères, et l’hygiène mentale doit commencer par nous-même : n’utilisons plus d’expressions rébarbatives de vieux cons, tirons la chasse sur “l’ethno-différencialisme” et autres concepts qui font hausser les épaules et tourner le dos à n’importe quelle personne normale, disons ce que nous avons à dire et cessons de détourner l’écœurement anti-remplaciste dans des lubies spiritualistes et des combats perdus.

Tant que les idéologues racistes dissidents développeront une vision tordue, pinailleuse, abstraite et contre-intuitive de la race, ils ne toucheront que des tarés désœuvrés.

Soyons simples, caricaturaux, sincères et sereinement radicaux. La pire des choses en communication, c’est quand la majorité des gens ne comprennent même pas où on veut en venir.

Même quand nous avons l’impression d’être simples, nous passons pour des Ploncard d’Assac aux yeux de n’importe quel raciste du quotidien. D’ailleurs mon texte est lui-même inaccessible à la plupart des gens, puisqu’il ne s’adresse pas à eux mais aux gens qui connaissent un peu les milieux de l’extrême droite clandestine, sur internet et dans la vraie vie.

Passez un bon début d’année 2020, je sens que cette année va déchirer.